Valérie Pécresse : « Les lycéens ont des inquiétudes légitimes, mais la violence est inacceptable »
J’entends les inquiétudes et les préoccupations qui se sont exprimées par les lycéens ces dernières semaines : le défaut de remplacement des professeurs absents, le manque de transparence des procédures Parcoursup, l’angoisse des choix d’orientation, et une angoisse plus globale face à l’avenir. Je suis pleinement consciente de l’anxiété des lycéens face aux bouleversements de notre époque.
Mais aussi légitimes soient-elles, ces revendications ne justifieront jamais l’usage de la violence, le saccage de nos lycées, les blocages forcés ni que des proviseurs, des enseignants, des élèves, des agents ou des policiers soient blessés. Dès le début, nous avons vu des élus de la France Insoumise instrumentaliser le malaise d’une partie de la jeunesse pour semer le chaos à coups de propos outranciers, mensongers et diffamatoires. A ce jour, la facture des dégâts s’élève à plus de 8,5 millions d’euros avec plus d’une centaine de lycées dégradés. Ces violences ne peuvent pas rester impunies.
Application du principe « casseur-payeur » par la Région
Face à cette violence, j’appliquerai le principe du « casseur-payeur ». La Région Ile-de-France se portera partie civile dans tous les procès qui auront lieu, elle appellera en responsabilité civile les parents des casseurs mineurs, et les lycéens exclus en conseil de discipline n’auront plus accès aux aides de la Région.
Un chantier XXL de rénovation de 6,6 milliards d’euros
Dès le début de mon mandat en 2016, j’ai placé la réussite des jeunes comme ma priorité, elle est la grande cause de toute mon action politique. Face à la « dette éducative » laissée par la gauche avec 200 lycées totalement vétustes, j’ai décidé de lancer un chantier de rénovation XXL de 6,6 milliards d’euros en 10 ans pour les seuls lycées publics pour construire de nouvelles places manquantes et rénover les lycées. C’est le plus grand plan d’investissement jamais mené en France par une collectivité. Nous avons créé 19 000 places nouvelles dans les lycées et nous atteindrons un total de 33 000 nouvelles places d’ici 2028. Nous avons aussi divisé la vétusté des lycées par 4,5. Cette année en 2026, ce sont 2 milliards qui sont consacrés aux lycées et aux lycéens, soit plus du double du budget lycées de 2015. Aujourd’hui deux lycéens sur 3 étudient dans un lycée neuf ou rénové.
Pour les lycées qui ne sont pas inscrits dans le plan d'urgence, des financements spécifiques permettent des travaux d'embellissement, ainsi que des travaux de végétalisation des cours. Ils ont pu bénéficier également du plan de rénovation des toilettes lancé en 2019. Enfin, s'agissant de l'adaptation au réchauffement climatique, qui est prise en compte dans la construction de tous les nouveaux bâtiments, après 1M€ d'aide d'urgence votée en juin dernier, la région a demandé l'élaboration d'un plan "prévention canicule" aux chefs d'établissement d'ici la fin de l'année.
Pourquoi la rénovation de certains lycées prend-elle du temps ?
Bien entendu, il reste encore beaucoup à faire et nous nous y employons au quotidien en restant à l’écoute de chaque situation pour répondre aux besoins. Mais, les travaux dans les lycées demandent du temps et les contraintes sont nombreuses : réglementations des marchés publics, défaillances d’entreprises, accord obligatoire des collectivités partenaires pour pouvoir débuter les travaux, notamment lorsqu’elles disposent des fonciers ou lorsqu’il s’agit de cités mixtes collège/lycée comme à Paris. Autant de facteurs à prendre en compte pour avoir une vision objective de notre investissement et de la prouesse technique accomplie par les 350 agents du service maintenance des lycées de la Région. Je veux à nouveau saluer leur engagement et remercier les 9000 agents régionaux qui font vivre au quotidien les établissements et assurent le ménage, l'entretien, la sécurité et la restauration scolaire.
Lycées : qui fait quoi ?
Certes, la Région finance la construction des nouveaux lycées et la rénovation du gros œuvre (extension, rénovation des structures). Elle prend désormais en charge directement les dépenses d'électricité et de chauffage, qui ont fortement augmenté depuis la guerre en Ukraine, et l’équipement des agents régionaux des lycées. Les lycées reçoivent pour leur part une dotation de fonctionnement qui, à périmètre constant, a doublé en 10 ans, pour permettre au chef d’établissement de faire fonctionner le lycée au quotidien : acheter des tables et des chaises, réparer une porte, acheter du papier toilette et du savon, faire dératiser.
Au-delà de l’investissement massif en faveur du bâti et du fonctionnement des lycées, la Région Ile-de-France fournit un ordinateur et les manuels scolaires gratuitement à chaque lycéen pour un montant de 1300 € par famille et permet à chaque lycéen de bénéficier d’aides annuelles accordées par la Région : 100€ de remboursement du Navigo, 100€ pour l'achat d'un vélo, 100€ de soutien à la pratique culturelle et sportive. Nous pratiquons également des tarifs très sociaux, au quotient familial, dans les cantines avec des repas, dont les premiers prix sont à 20 centimes d’euros par jours. Loin des raccourcis et des contrevérités, les lycéens franciliens sont certainement parmi les plus aidés d’Europe !